L'histoire du MoMA :
Fondé en 1929 à New York, le Museum of Modern Art, plus connu sous le nom de MoMA, est l'un des premiers musées entièrement consacrés à l'art contemporain et moderne. Il met en avant les nouveaux mouvements artistiques tels que le cubisme et le surréalisme, ainsi que l'architecture et le cinéma… Le MoMA a su se distinguer des autres musées car il a évolué avec son temps, mais surtout parce qu'il a su être visionnaire en étant le premier musée à présenter l'art moderne sous toutes ses formes. D'autres musées comme le Centre Georges Pompidou à Paris et la Tate Modern à Londres ont suivi son exemple en se consacrant à l'art moderne. Le succès du MoMA fut tel qu'il dut changer de site trois fois pour pouvoir exposer un nombre toujours croissant d'œuvres et accueillir un public plus large, jusqu'à son actuelle installation à Manhattan. Actuellement en travaux pour agrandir encore ses espaces d'exposition jusqu'en 2019, il reste néanmoins ouvert aux visiteurs. Son immense notoriété tient au fait qu'il possède l'une des plus grandes collections au monde avec plus de 150 000 peintures, sculptures, dessins, gravures, photographies, maquettes et objets d'art, ainsi que 22 000 films de toutes sortes. Il conserve de nombreuses pièces célèbres telles que : l'Autoportrait aux cheveux bouclés de Frida Kahlo, La Persistance de la mémoire de Salvador Dalí (toutes deux présentes dans cette exposition à la Fondation Louis Vuitton), Les Demoiselles d'Avignon de Pablo Picasso…
Le MoMA à Paris :
Lors de ses travaux d'agrandissement, le MoMA a annoncé une collaboration avec la Fondation Louis Vuitton. Et pour sa première fois en France, un tel lieu d'exposition n'est évidemment pas anodin !
En effet, une sélection de 200 œuvres issues de sa collection exceptionnelle est présentée dans toutes les salles de la Fondation Louis Vuitton.
Mise en scène dans l'architecture remarquable de ce lieu, la scénographie organisée autour des 4 grandes salles propose un parcours chronologique retraçant l'histoire et l'évolution du MoMA, invitant les visiteurs à contempler ces œuvres contemporaines sous toutes leurs formes : peintures, sculptures, photos, films, architecture…
La visite commence au niveau inférieur de la Fondation, présentant les acquisitions initiales depuis la création du MoMA en 1929 et retraçant son évolution jusqu'aux années 1950.
Cette salle se compose de trois parties, toutes liées entre elles dans l'ordre chronologique, mettant en lumière les mouvements contemporains de ces périodes.
La première partie est consacrée à la collection du MoMA depuis ses origines en 1929 jusqu'en 1939 ; elle comprend des œuvres reçues pour la plupart en donation de collectionneurs privés. Ainsi, à l'origine, les œuvres exposées étaient principalement des peintures et des sculptures ; les nouvelles collections sont ensuite devenues de plus en plus pluridisciplinaires, mettant en avant les nouvelles formes d'art telles que le cinéma, la photographie, l'architecture et le design.
On découvre ensuite la deuxième partie, consacrée aux origines européennes de la modernité. On y trouve des chefs-d'œuvre tels que « Garçon menant un cheval » de Picasso et « Palette » de Matisse, rendant hommage aux principaux mouvements de cette période : le cubisme, le futurisme, l'abstrait et le surréalisme.
La dernière partie aborde enfin l'abstraction américaine. Elle contredit la réputation du MoMA de trop se concentrer sur l'art européen au détriment des artistes américains. Dans les années 1940-1950, dans le contexte international d'après-guerre de la Guerre froide, le MoMA a défendu le premier grand mouvement pictural américain, l'Expressionnisme abstrait, incluant l'« Action painting » — qui souligne l'importance du geste de l'artiste, incarné ici par Jackson Pollock — ainsi que le « Color Field painting » qui décrit l'utilisation expressive de la couleur, représenté par Mark Rothko.
Nous poursuivons la visite jusqu'à l'étage suivant pour aborder, du niveau 0 au niveau 2, la thématique « être moderne » — parfaite illustration de la volonté d'innovation du MoMA au fil des années.
La grande salle du niveau 0, prolongement de l'expressionnisme abstrait abordé dans la période précédente, présente deux nouveaux mouvements : le minimalisme et le Pop Art.
La première section rassemble séries, peintures et sculptures minimales, dont l'approche vise à simplifier les œuvres en leur conférant une structure simple, généralement géométrique, illustrée par l'utilisation de la grille dans « La Mariée et le célibataire » de Frank Stella.
Cette approche se retrouve également dans l'architecture, à travers par exemple la maquette du « Lever House » ainsi que des segments du « curtain wall » du bâtiment des Nations Unies.
La deuxième section met en lumière l'Amérique Pop des années 1960. La culture populaire de masse est illustrée par ce mouvement « Pop Art », essentiellement visuel et répétitif. Y figurent de grandes œuvres d'Andy Warhol comme « Double Elvis » et « Campbell's Soup Cans », mais aussi d'autres artistes majeurs comme Roy Lichtenstein avec « La fille qui se noie », reprise d'une illustration de bande dessinée transposée dans le style Pop Art.
La visite continue à l'étage supérieur, qui présente deux nouvelles évolutions : « L'art en action » et « Images et identités ».
L'art en action reflète les nouvelles formes artistiques des années 1960-1970. De nombreux mouvements de protestation émergent, poussant les artistes à s'interroger sur le rôle de l'art et l'engagement de l'artiste dans la société. Beaucoup cherchent à franchir les frontières des arts traditionnels, utilisant de nouveaux matériaux souvent pauvres ou inhabituels, et réalisant de nouvelles formes d'art : éphémère, non matériel… Ces nouvelles œuvres s'inscrivent clairement dans l'art conceptuel.
La deuxième partie de cette salle est consacrée à la scène américaine des années 1980-1990, reflétant le positionnement des artistes contre la guerre du Vietnam. Elle met également en lumière l'engagement de ces artistes dans les « guerres culturelles » entre conservateurs et progressistes. De nombreux artistes expriment leurs opinions sur des sujets d'actualité tels que le genre, les questions raciales…
La dernière partie de l'exposition au niveau 2 se concentre enfin sur l'art du XXIe siècle. Les évolutions et toutes les acquisitions des deux dernières décennies sont présentées ici : la révolution du numérique, ouvrant de nouveaux champs et perspectives de création dans toutes les disciplines — design, architecture, « art hybride », photographie, vidéo et « emojis » (pixel art) — rompant ainsi tous les codes muséologiques.
Pour conclure cette merveilleuse exposition sur une note musicale, plongez-vous dans la magnifique adaptation spatialisée unique des « Forty Part Motet » de Janet Cardiff, une création contemporaine revisitant une musique polyphonique du XVIe siècle.
Nous avons le plaisir de vous présenter un avant-goût de cette exposition à travers ce court film réalisé pour vous.
Fondation Louis Vuitton : 8, avenue du Mahatma Gandhi. Bois de Boulogne – 75116 – Paris
Du 11 octobre 2017 au 5 mars 2018.


